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Blog du campus SUPINFO Grenoble

Intersexuation informatique, mythe ou réalité ?

Publié le 4 avril 2014 dans Témoignages


J’ai 23 ans, 23 ans que j’entends les femmes dire que la société ne leur laisse pas la chance d’être l’égal de l’homme alors qu’elles jonglent avec habileté entre une vie de famille et une vie professionnelle. 23 ans que j’entends des hommes dire qu’une femme ne peut pas être l’égale de l’homme de par sa vocation à être mère, ses capacités physiques plus limitées, etc.

Un peu cliché non ? Eh bien oui, c’est bien là tout le problème, nous sommes bien en présence de sexisme dans notre société.

Il est l’heure de faire un petit détour par notre dictionnaire pour les incultes, le sexisme est un ensemble de comportements (attitudes, opinions, exclusion, etc.) qui considèrent et légitiment le pouvoir des hommes sur les femmes, le féminin inférieur au masculin dominant et représentant la norme sociale qui prévaut.

Combien de fois avez-vous entendu des choses du genre « ne porte pas ce carton rempli de livres c’est trop lourd pour toi, rends-toi plutôt utile et descends les coussins du canapé tiens ! Ou vas me faire un sandwich ! Ou vas trier tes vêtements comme ça on aura peut-être pas besoin de louer un deuxième camion ! » Déclinable à l’infini. Notre société est stéréotypée, fini me direz-vous les « l’homme au boulot, la femme aux fourneaux », malheureusement l’évolution de l’espèce humaine a ses limites, où sont les femmes camionneurs, plombiers, garagistes ? Et les hommes sages-femmes, puéricultrices, femmes au foyer ou encore secrétaires qui vous apportent le café en petite jupe moulante à talon?

Vous vous demandez sûrement où je veux en venir : existe-t-il encore des métiers et des postes qui sont plus accessibles à certaines catégories de personnes ? Quelles sont les difficultés rencontrées par ceux qui veulent tenter l’expérience ?

Les métiers de l’informatique ont-ils un sexe ?

Je me pose toutes ses questions car moi aussi je fais partie de cette catégorie de personnes qui ne suit pas le chemin que la société a tracé pour elle. J’ai 23 ans et je suis une jeune femme terminant son BAC +5 en tant qu’expert informatique et aspirant à un poste de développeur de logiciel et – si la société le veut – devenir un jour chef de projet ou Directeur des Systèmes d’Information.

Je vous entends déjà me dire : « Mais tu es encore jeune, tu as tout ton temps, la vie ne fait que commencer » – stéréotype – C’est vrai, mais à 23 ans j’en suis à cette étape de ma vie où je fini les études et où je dois rentrer dans la vie active et tout d’un coup toutes ces questions « Qu’est ce qui m’attends ? Dans quoi je me suis embarquée ?  Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? Mais qu’est-ce que je fous la ? Mais au faite l’ANPE c’est par où ? » affluent, et pour pouvoir être prête à construire mon avenir je vais devoir y répondre.

C’est un fait, il y a plus d’hommes que de femmes en Informatique, quand la part des femmes cadres et professions intermédiaires tous secteurs confondus, a sensiblement augmenté ces dernières années, les chiffres du baromètre social du « Syntec Informatique » de 2006 montrent qu’elles ne représentaient que 27% des salariés du secteur informatique, soit 300 000 personnes.  En 2009, 117 400 femmes recensées au poste d’ingénieur soit une baisse de 1,14% par rapport à l’année précédente, et si on se recentre sur l’informatique elles ne représentent plus que 11% des ingénieurs.

Pourquoi le secteur informatique pourtant en pleine expansion, avec le plus d’offres d’emploi, est-il très majoritairement composé d’hommes surtout aux postes haut placés ? Quelle est la place de la femme dans ce milieu?

Des incompréhensions historiques

C’est à n’y plus rien comprendre ! Car les femmes ont été importantes dans les débuts de l’informatique, au 19ième siècle Ada Lovelace, fille de Lord Byron, a écrit le premier programme pour une machine, puis la bien connue Grace Hopper conceptrice du premier compilateur après la seconde Guerre mondiale. Mais c’était une époque où les hommes étaient plus intéressés par d’autres secteurs. Le Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France (CNISF) estimait que 20% des femmes ingénieurs travaillaient dans le domaine informatique en 1983 contre environ 17% aujourd’hui, un sacré recul.

Un problème qui commence dès la scolarité

Tout commence donc avec les stéréotypes comme je l’ai dit précédemment, ils ont la vie dure notamment sur le secteur informatique, vous souvenez vous du programmeur asocial, un peu fort avec des boutons, des lunettes,  une hygiène douteuse travaillant 24h/24 le nez collé à son écran d’ordinateur dans une pièce sans fenêtre à coder des 1 et des 0 ?

Comment donner envie aux nouvelles générations devant de telles perspectives. C’est le premier problème causant la dé-féminisation du milieu, le manque d’effectif féminin dans les écoles d’informatique, seulement 10% de représentantes contre 30 à 40% 10 ans plus tôt (respectivement 25% à 15% pour les autres filières), il y existe même des promotions qui ne comptent aucune femme. Qui plus est, sur la même période, le nombre d’hommes diplômés dans le secteur a triplé. Pas besoin de vous faire un dessin mais je peux vous confirmer que j’ai passé mes 5 dernières années d’étude avec des classes remplies de garçons comprenant une ou deux filles, pas de quoi parler vernis, maquillage ou Georges Clooney, What else !

Le secteur n’arrive pas à motiver la gente féminine, fait plutôt étonnant puisque les nouvelles générations naissent avec les nouvelles technologies, ordinateurs, tablettes, smartphones, réseaux sociaux – on va pas les citer ça risquerait de leur faire de la pub et ça serait dommage -, sites en tout genre, jeux vidéo et logiciels – la retouche photo ça on Adore avec un grand A – ont aurait pu penser que les femmes seraient plus intéressées mais comme le disait Isabelle Collet, Informaticienne et chercheuse en sciences de l’éducation à l’université Paris-X (Nanterre), “ce n’est pas parce que les femmes conduisent autant que les hommes que les femmes deviennent garagistes”.

D’après les entreprises il y a moins d’embauches féminines par défaut de candidates

Manque d’effectif dans les salles de classe, plus d’hommes diplômés, les femmes seraient donc moins nombreuses à candidater à des emplois dans l’Informatique.

Ce n’est pas exactement  la vérité, il n’y a pas de retrait des femmes car l’Informatique est leur premier choix de spécialisation en tant qu’ingénieurs et cadres techniques.  Leur pourcentage a augmenté légèrement, passant de 18.7 % à 20 % entre 1992 et 2002. C’est la quantité d’hommes qui a fortement augmenté avec le déclin de l’industrie traditionnelle, il n’était que 11.6% en 1982 pour 31.3% en 2002. Et c’est ainsi que sur l’intégralité du secteur informatique c’est un accroissement de 200% de la population masculine sur la même période pour 42% pour les femmes.

L’année 2013 marque un tournant historique avec 60 % de recrues féminines pour à peine 40 % de masculines dans le secteur high-tech, mais une fois de plus pas de quoi sortir le champagne, cette hausse du pourcentage est plus liée à une chute des recrutements d’hommes qu’à une hausse d’embauches des femmes.

Des inégalités, où ça ?

On connaît tous la chanson, « des inégalités hommes/femmes, ça n’existe pas ! », à quantité de candidats égale les hommes et les femmes seraient donc embauchés en même nombre à diplômes et compétences identiques, il leur serait proposé les mêmes postes au même salaire, les comportements des collègues et de la direction seraient identiques et donc vous l’aurez compris c’est pareil pour les perspectives d’évolutions professionnelles.

C’est bien jolie la théorie mais dans la pratique, c’est pareil ? « Hum hum… ». Et bien non ce n’est pas pareil, comme nous le rappel « Le Munci », association spécialisée dans l’emploi en informatique, il y a deux ans certaines sociétés (SSII) recrutaient bien plus de femmes en partie grâce aux CV anonymes, merci l’égalité des chances !

Une fois embauché, ça s’arrange ? Il semblerait qu’il existe une sorte d’ignorance feinte ou réelle de la part de de la gente masculine concernant les disparités que vivent les femmes au cours de leur carrière. Alors que les femmes considèrent qu’elles évoluent dans un milieu plus favorable aux hommes, ces derniers estiment que le secteur se montre plutôt égalitaire. Par exemple, l’affirmation suivante «Les femmes se voient proposer moins de défis dans leur carrière que leurs homologues masculins » ne remporte que 52% d’adhésion de la part des hommes contre 74% chez les femmes.

Mais ce déséquilibre existe bien et on lui a même donné un petit nom : le « plafond de verre » – Quésako ? –  C’est une expression apparue en 1986  dans le Wall Street Journal et elle est utilisée pour souligner la difficulté d’accès des femmes aux postes supérieurs, preuve en est qu’aujourd’hui un DSI sur cinq est une femme.

Moins d’embauches, moins d’opportunités d’évolution mais côté salaire ? Là encore choux blanc, les femmes seraient rémunérées jusqu’à 20% de moins que leurs collègues masculins. Une étude menée en 2009 révélait que le salaire médian des femmes ingénieurs était de 42 871€ pour 55 000€ par an pour les hommes, tous secteurs confondus. Au demeurant, les femmes ingénieures en Informatique sont moins bien payées que leurs collègues masculins, et se voient même parfois attribuer des responsabilités hiérarchiques moins élevées.

Il y a quand même une bonne nouvelle, il existe un déséquilibre des salaires, cependant les salaires dans l’Informatique sont plus hauts que dans les autres secteurs, avec une moyenne de 50 000€ par an pour les femmes de moins de 45 ans et 71 000€ pour les femmes de plus de 45 ans. Pour une fois qu’on gagne à vieillir.

A l’étranger

Outre-Atlantique, aux États-Unis les patrons de Yahoo!, IBM et Hewlett-Packard sont des patronnes. Quant à Facebook, son actuel n°2 n’est autre que Sheryl Sandberg, ancienne vice-présidente des ventes en ligne chez Google. Dans les pays asiatiques, les filles sont plus nombreuses que les garçons. Et en Malaisie, la faculté d’Informatique et des Technologies de l’Information de Kuala Lumpur comptait ainsi 65% d’étudiantes en 2007.

Des démarches qui donnent le sourire

Au fil des dernières années on voit de plus en plus de tentatives pour essayer de renverser la tendance. Récemment,  le gouvernement a mis en place des bourses d’étude post-BAC appelées « Prix de la vocation scientifique et technique des jeunes filles » dont j’ai moi-même eu l’honneur d’être bénéficiaire, d’un montant de 1000€ pour inciter les jeunes femmes à aller dans les milieux  scientifiques ou techniques où elles sont peu représentées (-10%), ces dernières doivent présenter un dossier exposant leur projet scolaire et professionnel, qui est ensuite étudié par un comité pour être voté et ainsi validé.

De plus, un bon nombre d’études se succèdent pour mettre en avant et expliquer que la mixité est un des leviers de la performance d’une entreprise. La conclusion de toutes ces études nous démontre que les entreprises les plus performantes sont celles qui ont le plus de femmes parmi leur comité de direction ou plus largement sur les postes de management. Elles sont même considérées comme étant de meilleurs managers. Tout cela dans le but de faire comprendre aux chefs d’entreprises qu’eux aussi ont à y gagner.

Certaines entreprises l’ont d’ailleurs bien assimilé et font même des campagnes de recrutements dédiées aux femmes, qui comprennent conférences et entretiens individuels.

On peut donc deviner à travers ces actions un réel désir des entreprises de rééquilibrer le rapport hommes/femmes dans leurs équipes pour en améliorer la performance et la créativité. Résultat : les femmes sont attendues et pour répondre aux goûts de chacune, une diversité de métiers et carrières leur sont proposés !

Ceci est une révolution

Le constat est sans appel, le secteur Informatique est l’un des rares secteurs où l’écart homme/femme se creuse. Nous connaissons moins d’opportunités, un salaire moindre, une évolution de carrière au ralenti et devons faire face à des préjugés qui nous collent à la peau, mais Rome ne s’est pas construite en un jour – pas de quoi arrêter de s’épiler sous les bras, sortir seins nus s’accrocher aux barrières des plus grandes firmes de l’Informatique en beuglant des slogans incompréhensibles, amies FEMEN – Faute partagée entre le manque d’engouement des femmes pour le métier et les freins rencontrés par celles qui essayent de percer. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait qu’aussi long que ce soit les mentalités changent et nous pouvons seulement espérer que, paradoxalement, l’Informatique soit juste en retard sur autres en matière de parité mais qu’il va vite se rattraper.

Juliette FIEVET – Étudiante en Master 2 à SUPINFO à Grenoble. 

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